samedi 9 juillet 2016

Ostéopathes ou kinésithérapeutes : quand les consulter ?

Les deux professions se font tant la guerre que l'on ne sait plus à quel professionnel se vouer pour dire bye bye à son lumbago récurrent. Le médecin rhumatologue Clémentine Jacquier revient sur les deux pratiques et nous éclairer

Quelles différences y a-t-il entre la kinésithérapie et l'ostéopathie ?
Dr Clémentine Jacquier(1)

La kinésithérapie est un traitement prescrit par un médecin, généraliste ou spécialiste. Elle prend en charge les pathologies liées à la mobilité des articulations (muscles, muscles du dos, épaules, hanches etc.). L'ostéopathie, qui est aussi un des traitements proposés pour ces pathologies, est plus complète. Elle mobilise les articulations de tout le corps pour en débloquer une par exemple. Il y a aussi l'ostéopathie viscérale et crânienne. Concernant le traitement des problèmes d'articulations et de muscles, la principale différence réside dans la technique. La kinésithérapie demande une interaction avec le patient. Outre les massages, le praticien fait travailler la marche ou l'entretien musculaire, le patient fait des efforts musculaires et la prise en charge se fait sur plusieurs séances. En ostéopathie, le patient est le plus souvent passif, le praticien mobilise les articulations et procède à sa manipulation. Une seule séance d'ostéopathie peut suffire.

Comment savoir quel professionnel consulter ?

Avant toute chose, on commence par aller voir son médecin généraliste, car les kinésithérapeutes et les ostéopathes traitent mais ne diagnostiquent pas. C'est au médecin de prescrire des bilans sanguins, radios, scanners ou encore IRM, pour ensuite faire le point et rediriger le patient vers un professionnel. S'il n'est pas certain, il peut aussi envoyer la personne chez un rhumatologue qui peut aussi rediriger le patient. Si l'on consulte un ostéopathe, il est conseillé- en opposition aux praticiens qui ne sont que diplômés de l'école d'ostéopathie- d'opter pour un médecin ostéopathe ou un kinésithérapeute ostéopathe. Grâce à leur formation, ils ont acquis des connaissances qui leur permettent de détecter d'autres problèmes si besoin.

En cas de problème chronique la kinésithérapie est plus adaptée
N'y a-t-il pas des pathologies ou troubles qui ne peuvent être traités que par l'un ou l'autre ?
C'est surtout une histoire d'habitudes. Même si les deux activités peuvent parfois être complémentaires, disons qu'en cas de problème chronique la kinésithérapie est plus adaptée. Quand la douleur vient d'apparaître, l'ostéopathie est plus intéressante. Quelqu'un qui souffre régulièrement d'un lumbago par exemple aura plus intérêt à aller voir un kinésithérapeute. Il effectuera un travail de fond, donnera des conseils au patient, lui montrera les mouvements et les bons gestes à faire au quotidien, comme pour sortir correctement de sa voiture par exemple. C'est pourquoi les troubles musculo-squelettiques, comme ceux liés au travail, les tendinites des épaules ou du poignet doivent de préférence être traités par un kiné qui mettra en place un traitement de fond sur plusieurs séances. L'ostéopathe est plutôt là pour les situations d'urgence.

Y a-t-il des contre-indications à l'ostéopathie ?

Un ostéopathe peut décider de ne pas manipuler un patient en raison de son âge, en cas de grossesse, en cas de traumatismes (fractures) ou si le patient présente un mauvais bilan biologique ou que le professionnel décèle que le mal de dos n'est qu'un symptôme d'une maladie sous jacente par exemple.

L'intestin est considéré comme le deuxième cerveau. De plus en plus de gens consultent un ostéopathe, comme d'autres un psychologue. Qu'en pensez-vous ?
L'ostéopathie viscérale est effectivement en plein essor. Que certains consultent régulièrement pour remettre leur système digestif en place ne me choque pas, à condition que ça ne devienne pas un sparadrap mis sur un problème récurrent. L'ostéopathie de manière générale permet de prendre conscience de sa posture mais il ne faut pas oublier la cause du problème, notamment l'hygiène de vie et la prévention.

(1) Clémentine Jacquier est médecin rhumatologue à l'hôpital militaire Percy, à Clamart.



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